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jeudi 12 mai 2022

Réflexions sur le Saint-Esprit

« car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. » Romains 8:14

On raconte l'histoire authentique d'un prêtre qui avait été invité à assister à une célébration mémorielle pour l'anniversaire de Vatican II. Il a très poliment décliné l'offre, et sa réponse amusante vaut le coup d'être citée : « Tout comme le Saint Esprit au concile, je pourrais oublier d'apparaître. » Les fruits de ce moment capital dans l'histoire de l'Église parlent certainement d'eux-mêmes. Alors que la corruption morale et le chaos progressent de mal en pis avec constance – dans la société civile comme dans la société ecclésiastique – il est pleinement justifié que nous nous demandions quel est cet esprit qui est si largement acclamé et promu comme « l'esprit de la société du Vatican. » Serait-il possible que ce soit l'esprit du monde ? En tout cas, il est certainement évident que c'est loin d'être l'Esprit de Dieu.

Alors que la grande fête du Saint Esprit, le dimanche de Pentecôte approche, il semble que ce soit le bon moment pour méditer sur le rôle important qu'Il a (ou doit avoir) dans nos vies spirituelles. Nous n'avons pas besoin de regarder très loin pour voir les conséquences désastreuses, à la fois dans l'Église et dans l'État, lorsque d'autres esprits ont l'autorisation d'usurper la place de l'Esprit de Dieu. Bien que nous ne puissions pas voir cela de façon si évidente, nos propres âmes souffrent tout autant lorsqu'on refuse au Saint Esprit la place qui lui revient.

« Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes vous-mêmes. » 1 Corinthiens 3:16-17

A partir du moment du baptême, le Saint Esprit demeure dans nos âmes, faisant de nous des tabernacles vivants de Dieu. Ce privilège peut seulement être perdu par le péché mortel qui Le chasse délibérément de nos âmes et intronise à la place Satan. Si nous avons assez de malchance pour faire un péché mortel, le Saint Esprit reviendra dans nos âmes aussitôt que nous aurons fait une bonne confession, avoir reçu l'absolution et être restaurés dans l'état de grâce. Cependant, si nous mourrons sans s'être repentis du péché mortel, Il va nous renier. Aujourd'hui, malheureusement, beaucoup de gens sont habitués à vivre dans le péché mortel, qui est l'une des conséquences les plus dévastatrices du fait d'être mené par l'esprit du monde. Le Saint Esprit a été banni de nos cœurs, et en retour, ceci a un effet néfaste sur la société dans son ensemble, aussi bien que sur nous-mêmes.

Même pour les âmes en état de grâce – et nous espérons et prions chers amis, que vous en faisiez tous partie – il y a une tendance à ignorer le Saint Esprit et à ignorer son importance dans nos vies spirituelles. Il est relativement facile de penser à Dieu comme Père dans les Cieux, ou de nous représenter Notre Seigneur Jésus Christ tel qu'Il est apparu dans Son humanité, mais il est difficile de penser au Saint Esprit dans une forme que nous pouvons visualiser et s'y référer.

Dans les Saintes Écritures, le Saint Esprit se manifeste souvent comme un souffle ou un vent impétueux, et il y a même quelques prières approuvées et des hymnes qui l'appellent le Souffle de Vie. Notre Seigneur Jésus-Christ a soufflé sur les apôtres lorsqu'Il a dit : « Recevez le Saint Esprit, » et Il est véritablement la vie de nos âmes, sans laquelle nous sommes morts. Mais normalement, nous ne pouvons pas voir de souffle, et il serait difficile de Le décrire sous cette forme. En fait, le Saint Esprit est le plus souvent dépeint sous la forme d'une colombe ou une flamme de feu, car ce sont des formes visuelles qu'Il prend à diverses occasions. Par exemple, Il descend sur Notre Seigneur sous la forme d'une colombe lorsqu'Il est baptisé, alors qu'à la Pentecôte, Il apparaît sous la forme de langues de feu – accompagnées du bruit d'un vent puissant. On conçoit couramment que la colombe est un symbole de paix et de pureté, alors que le feu représente la charité ; cependant ces symboles ne représentent pas précisément tout ce qu'est le Saint Esprit, et ont simplement pour but de nous aider à élever plus facilement notre esprit pour méditer sur les vérités invisibles sur Lui. On ne peut pas concevoir une idée précise du Saint Esprit sauf par la foi. Et voici ce que nous dit Saint Paul :

« Or la foi est la substance des choses qu’on espère, une conviction de celles qu’on ne voit point. » Hébreux 11:1


Bien qu'Il soit Dieu, égal au Père et au Fils, et inséparable de la Sainte Trinité, c'est néanmoins le Saint Esprit qui spécifiquement demeure continuellement d'une façon particulière dans toute âme baptisée dans l'état de grâce. On l'appelle le sanctificateur, car Son rôle spécial est de nous rendre saint et nous unit à Dieu ; mais pour accomplir cela, Il exige notre coopération. Il respecte notre libre arbitre, même lorsqu'on l'utilise mal pour Lui résister, et donc c'est jamais Lui mais toujours nous qui sommes responsables si nous ne devenons pas saint plus rapidement.

Le Saint Esprit agit dans nos âmes de nombreuses façons. C'est Lui qui nous envoie les bonnes inspirations, renforce nos volonté de faire le bien, dirige, et parfois nous réprimande par la voix de la conscience. Il est toujours soucieux d'une vérité que nous oublions souvent, à savoir qu'aucun vrai bonheur ne peut être trouvé sans Lui. Nous désirons tous la paix et la joie, mais nous sommes trop influencés par les apparences extérieures et les désirs de nos sens, nous tendons alors à les rechercher d'autres sources. A maintes reprises, nous sommes déçus, perturbés et malheureux lorsque les choses s'avèrent différentes de ce que nous avons espéré et attendu. C'est la façon délicate qu'a Dieu de nous rappeler, alors même qu'Il a rappelé aux Israélites de nombreuses fois tout au long de l'Ancien Testament, que sans Lui nous ne pouvons rien accomplir de bien, ni trouver le vrai bonheur et la satisfaction.

« Ce qui cause ta ruine, Israël, c’est que tu as été contre moi, contre celui qui pouvait te secourir. » Osée 13:9


La confirmation est considérée comme étant spécialement le sacrement du Saint Esprit, mais son importance et ses effets sur la vie de l'âme sont rarement pleinement compris. Les dons et les fruits surnaturels qu'Il nous transmet dans ce sacrement devraient avoir plus de sens pour nous que des mots creux. Si nous correspond fidèlement à eux, ils produiront leurs effets prévus dans nos âmes, et continueront à augmenter et approfondiront notre union avec dieu. Cependant, comme les Saintes Écritures nous ont averti, Dieu s'oppose à l'orgueilleux et donne Sa grâce à l'humble. L'orgueil est par conséquent (après le péché mortel) le plus grand obstacle à l'action du Saint Esprit en nous, alors que l'humilité L'amène à demeurer en nous d'une façon plus intime et nous unit encore plus étroitement à Lui. Cette vérité n'a jamais été plus clairement démontrée que par Notre Dame. C'est son humilité, qu'elle pratiquait à un degré remarquable, qui la rendait si agréable aux yeux de Dieu qu'Il l'a exalté en en faisant la Mère de Son divin fils. Ce grand mystère de l'Incarnation – de Dieu fait homme – a été accompli par Marie au moment précis où le Saint Esprit est venu au dessus d'elle. Par conséquent, Marie est un excellent modèle pour tous ceux qui désirent contenter le Saint Esprit.

« Après le Fils de Dieu, aucune créature au monde n'a été aussi élevée que Marie, car aucune créature de ce monde n'a été aussi remplie d'humilité qu'elle. » St Bonaventure

Cela doit nous inciter à se poser cette question : qu'est-ce que l'humilité ? Sainte Thérèse d'Avila la définit comme étant simplement la vérité. L'humilité est l'opinion convenable de soi-même ; la conscience de son insignifiance. Marie savait qu'elle avait été bénie au delà des autres créatures, et cependant elle a donné à Dieu le mérite pour cela. L'humilité ne doit pas nous rendre nécessairement aveugle face aux faveurs que nous avons reçu ou les talents ou dons que nous pouvons posséder, mais cela nous amène à reconnaître que c'est Dieu qui nous les a donné et que nous-même nous n'avons et nous ne sommes rien.

« Qu’as-tu que tu ne l’aies pas reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l’avais pas reçu ? 1 Corinthiens 4:7

Tout ce que Dieu nous demande avant d'envoyer Son propre esprit dans nos cœurs et que nous admettons notre pauvreté spirituelle et que nous chassions de nos cœurs cet esprit d'amour de soi et d'autosuffisance qui est directement opposé à la véritable humilité. Par rapport au vide de notre égo, Il nous rendra riche, rempli de Lui, et renouvelle dans nos âmes le mystère de l'Incarnation. Plus nous devenons comme Marie, plus le Saint Esprit vient à nous plus pleinement et parfaitement, nous formant dans la ressemblance à Jésus-Christ et perfectionnant la ressemblance à Jésus-Christ en nous. Il unira Sa propre divinité à notre humanité jusqu'à ce que nous soyons véritablement qu'un avec Notre Seigneur Jésus Christ.

Pour réaliser en pratique ce merveilleux idéal, qui est le destin de tout chrétien qui coopère avec le Saint Esprit, prions pour l'Esprit de Vérité qui nous illumine, et prenons la ferme résolution d'être fidèle à Ses inspirations.

« Enfin, il faut prier l'Esprit-Saint, car il n'y a personne qui n'ait le plus grand besoin de Son aide et de Son secours. Comme nous sommes tous dépourvus de sagesse et de force, accablés par les épreuves, portés au mal, nous devons tous chercher un refuge auprès de Celui qui est la source éternelle de la lumière, de la force, de la consolation, de la sainteté. C'est à Lui surtout qu'il faut demander ce bien indispensable aux hommes, la rémission des péchés. » Encyclique Divinum Illud munus (Léon XIII)

Implorons aussi Sa pure, humble et fidèle Épouse, la Sainte Vierge Marie, pour nous aider à nous dépouiller de tout ce qui peut s'opposer à Son action divine dans nos âmes. Alors le Saint Esprit prendra plaisir à demeurer en nous, nous renforçant dans le combat quotidien contre le démon, et nous expérimenterons la véritable paix et la joie du cœur que seul Lui peut nous donner.

Carmélites de la Sainte Face de Jésus, Dunmanway, comté de Cork, Irlande

Source: https://carmelitesholyface.com/files/carmelitesholyface-newsletter-19.pdf


mardi 29 mars 2022

Consolation du Cœur Immaculé de Marie

Par le Père Ed Broom, Oblat de la Vierge Marie

Après Jésus, personne ne nous a aimés plus que Marie, dans son Cœur Immaculé très pur. De même, après les souffrances de Jésus, il n'y a personne sur terre qui ait plus souffert que Marie.

Les sept douleurs de Marie

L'Église nous invite à contempler la Passion de Jésus à travers les yeux et le Cœur de Marie. Traditionnellement, il y a sept douleurs de Marie. Les Franciscains, en particulier, ont le charisme de promouvoir cette puissante dévotion. Ces sept douleurs commencent lorsque Jésus est un petit bébé dans les bras de Marie, jusqu'au corps mutilé, sanglant, transpercé d'une épée dans les bras de Marie au pied de la croix, si vous préférez, la Pietà de Michel-Ange !

Voici une liste chronologique organisée des sept douleurs de Marie, depuis l'enfance de Jésus jusqu'à sa mort et son dépôt dans les bras de Marie, en passant par sa sépulture :

1. La prophétie de Siméon - Une épée te déchirera le cœur.

2. La fuite en Égypte - Hérode à la poursuite de l'enfant Jésus.

3. Jésus perdu dans le Temple - La douleur de Marie qui perd Jésus pendant trois jours !

4. Marie rencontre Jésus au Calvaire - Marie rencontre les yeux de Jésus portant la croix.

5. La crucifixion de Jésus - Marie est présente et assiste à la crucifixion de son Fils bien-aimé.

6. La descente de Jésus dans les bras de Marie - Après sa mort, le corps de Jésus est descendu dans les bras de Marie.

7. L'enterrement de Jésus - La séparation de Jésus et de Marie lors de l'enterrement de Jésus.

Dans chacune de ces sept douleurs de Marie, nous sommes invités à entrer dans l'esprit, l'âme et le Cœur de Marie pour éprouver, au moins à un degré limité, une partie de la douleur de Marie et ensuite la consoler. Si nous aimons vraiment une personne, nous voulons partager notre vie avec elle, dans les bons et les mauvais moments, dans la santé et dans la maladie, dans la richesse et dans la pauvreté, jusqu'à ce que la mort nous sépare (promesses de mariage). Notre amour pour Jésus et Marie peut et doit transcender de loin notre amour au niveau humain et naturel. Comme l'exprime le Cantique des Cantiques : L'amour est plus fort que la mort.

C'est pourquoi nous allons proposer quelques moyens concrets par lesquels nous pouvons contempler les douleurs de Marie et en même temps lui offrir notre consolation. L'amoureux se réjouit avec le bien-aimé, mais il est aussi prêt à pleurer et à souffrir dans les douleurs et les peines du bien-aimé.

La prophétie de Siméon

«  Vous sentirez le glaive transpercer votre âme : et ainsi seront révélées les pensées cachées dans le cœur d’un grand nombre" (Luc 2:35). Une manière concrète de consoler le Cœur de Marie dans cette contemplation serait d'aller se confesser en l'honneur de Marie.

Les puissantes prières et la présence de Marie nous obtiendront la grâce d'examiner notre conscience et de révéler nos secrets de conscience les plus intimes au prêtre qui représente Jésus. Le résultat final sera l'absolution, le pardon et la renaissance dans une vie de grâce. Marie, dont le titre est plein de grâce, se réjouira que vous ouvriez votre esprit, votre cœur et votre âme à la miséricorde de Jésus dans la Confession.

La fuite en Egypte

Saint Joseph se leva et, prenant la Mère et l'Enfant, il s'enfuit en Egypte...

Comment pouvons-nous consoler le Cœur de Marie dans cette pénible douleur ? Nous vivons tous dans un combat spirituel perpétuel, une guerre spirituelle. Nous pouvons consoler le Cœur de Marie en imitant le bon Saint Joseph dans sa fuite devant le mal moral - que nous appelons la tentation du péché. Quand tu es tenté par le péché, cours vers Marie, jette-toi dans les bras de Marie, réfugie-toi dans le Cœur Immaculé de Marie. Elle est un refuge sûr !

Jésus perdu et retrouvé dans le Temple

Après trois jours de recherche, ils trouvèrent Jésus dans le temple, écoutant et enseignant les maîtres juifs...

Quelle pourrait être une application concrète de cette troisième douleur de Marie ? Au cours des cinquante dernières années, de nombreux pères et mères ont perdu leurs enfants spirituellement. C'est-à-dire que, malgré les efforts des parents, les enfants peuvent s'éloigner de la foi, ne plus assister au Saint Sacrifice de la Messe, et pire encore, choisir délibérément un style de vie pécheur.

Tout comme Jésus s'est perdu et que Marie a souffert de douleurs atroces, les parents souffrent intensément de la perte morale et spirituelle de leurs enfants, qu'ils aiment tant ! Comme Sainte Monique et la conversion éventuelle de Saint Augustin, pourquoi ne pas prier ? Surtout prier le chapelet pour que ces fils et ces filles prodigues, perdus et errants, ces brebis égarées du bercail, reviennent. En d'autres termes, par le Saint Rosaire, placez ces enfants dans le Cœur de Marie.

Jésus rencontre Marie sur le chemin de croix

Alors que Jésus gravit le Calvaire sur le chemin de la crucifixion, il rencontre Marie. Une manière concrète de consoler Marie est d'imiter Jésus en portant nos propres croix. Toutefois, avec cette précision importante : partagez vos croix avec Marie. La simple présence de Marie contemplant Jésus avec la croix sur ses épaules a consolé Jésus.

Creusez profondément dans votre propre cœur afin d'identifier votre plus grande croix ainsi que vos plus petites. Apportez ensuite ces croix au Cœur douloureux et immaculé de Marie. En imitant un petit enfant dans les bras de sa mère, parlez à Marie de ces croix. Elle est très soucieuse de vous aider à porter votre croix avec foi, confiance et amour. Souvent, nos croix sont écrasantes ; elles sont trop lourdes, trop épineuses et trop pleine d'échardes pour être portées parce que nous essayons de les porter par nous-mêmes, sans inviter Marie à nous aider ! Nous t'adorons, ô Christ, et nous te louons, car par ta sainte croix tu as racheté le monde.

Marie au pied de la croix

Dans ce mystère le plus douloureux de la crucifixion, de la passion, de la souffrance et de la mort de Jésus, Marie, Notre-Dame des Douleurs, a été présente tout au long du processus. De la croix, Jésus a parlé à Jean et à Marie : Femme, voici ton fils ; fils, voici ta mère. Le disciple l'a accueillie dans sa maison. À ce moment-là, Jésus a donné Marie - en la personne de saint Jean - au monde comme Mère spirituelle universelle, comme votre Mère !

Notre façon de consoler Marie dans ce mystère ? Imiter saint Juan Diego et le petit garçon du film Marcelino, pan y vino. De quelle manière ? C'est très simple : sois comme un petit enfant et raconte à Marie tout ce qui se passe dans ta vie. Aie une confiance totale et sans réserve dans la Présence Maternelle et dans le Cœur de ta Mère aimante.

Jésus placé dans les bras de Marie

L'artiste Michel-Ange l'a représenté de façon magistrale dans sa célèbre Pietà. Le producteur de films Mel Gibson l'a présenté dans le film La Passion du Christ d'une manière très puissante et émouvante. Comment pouvons-nous consoler le Cœur de Marie ? Aimer Jésus, c'est aimer Marie ; ils sont inséparables ! Le corps souffrant de Jésus est présent dans son corps mystique, l'Église. De manière très puissante et spéciale, le Corps du Christ vient à nous dans le plus grand de tous les Sacrements, la très Sainte Eucharistie dans le contexte du Saint Sacrifice de la Messe.

Le plus grand geste que nous puissions faire sur la surface de la terre est de recevoir Jésus, le Fils de Marie, dans la Sainte Communion. Par conséquent, une superbe façon de consoler le cœur de Marie est de prier pour recevoir Jésus dans la Sainte Communion à travers le cœur très pur et immaculé de Marie. Personne n'a jamais reçu Jésus avec plus d'amour que le Cœur Immaculé de Marie.

Jésus enlevé à Marie et enterré dans le tombeau

Dans cette dernière des sept douleurs, nous assistons à la séparation de Jésus et de Marie, lorsque Jésus est placé dans le tombeau et enterré. Sans aucun doute, l'une des meilleures façons de consoler et de réjouir le Cœur douloureux et immaculé de Marie est de demander à Marie la grâce de mourir chaque jour au péché - le plus grand mal qui existe ! Ensuite, et c'est le plus important, il faut demander à Marie la grâce d'une mort sainte et heureuse.

En priant constamment l'Ave Maria et le Saint Rosaire, nous nous préparons, avec l'aide de Marie, au moment le plus important de notre vie : le moment même de notre mort ! Ce moment déterminera notre destinée éternelle - le salut éternel ou la perte éternelle. Nous sommes convaincus que, grâce aux prières de Marie, nous obtiendrons notre salut éternel.

Que ceci soit notre prière chaque soir, et au moment de notre mort :

Jésus, Marie et Joseph, je vous donne mon coeur et mon âme. Jésus, Marie et Joseph, rendez mon cœur semblable au vôtre. Jésus, Marie, et Joseph, assistez-moi dans ma dernière agonie. Jésus, Marie, et Joseph, j'expire mon âme vers vous. Ô Sacrement très saint, Ô Sacrement divin, à vous toutes les louanges et toutes les actions de grâce à chaque instant !

Père Ed Broom

Source : https://catholicexchange.com/consoling-immaculate-heart-mary/


mercredi 29 décembre 2021

L'affront de la crèche

 

La Nativité par Le Caravage

Avant-propos :

J'ai été éduquée par un père peu croyant et non pratiquant et une mère conciliaire. J'ai très peu entendu parler d'apparitions mariales enfant, mais néanmoins j'avais entendu parler du nom de Fatima. Cela m'avait beaucoup intriguée car j'avais fait le rapprochement avec les musulmanes que je connaissais. Là où je vivais, à une cinquantaine de kilomètres de Marseille, il y avait beaucoup d'immigrés nord-africains. Au collège où j'étais scolarisée, il y en avait qui venait en cours avec des mains de Fatima autour du cou, un symbole populaire en Afrique du Nord. Je me souviens que des collégiennes catholiques leur avait demandé ce que ça signifiait. Les musulmanes avaient expliqué bien gentiment et les collégiennes catholiques avaient aussi expliqué la signification de leurs médailles de baptême ou de communion.

 A l'époque, les établissements scolaires étaient bien moins sévères que maintenant concernant les "signes religieux." Il faut dire que les musulmanes ne venaient pas voilées en cours à cette époque.

En fait, on à l'impression que plus où on interdit de les arborer, plus les appartenances religieuses se manifestent avec ostentation et violence. Récemment, une procession catholique a été victime de menaces de la part de musulmans à St Denis près de Paris. Il est bien sûr possible que ce soit une action "spontanée" de la part de musulmans imbéciles et fanatiques ; mais il peut s'agir aussi d'un faux drapeau pour alimenter un climat de guerre civile. La religion musulmane est, bien entendu, étrangère à la France catholique, mais je ne souscrit pas à des analystes simplistes concernant le « problème musulman. » Je pense que depuis fort longtemps – voire dès la création de cette religion au VIIe siècle – l'Islam est un bras armé de la Synagogue de Satan. Par conséquent, les musulmans sont méprisés par la Synagogue de Satan et de nombreux musulmans, en particulier au Moyen-Orient, ont été victimes des guerres impérialistes judéo-protestantes ces dernières décennies, même si, bien souvent, ce sont des musulmans « ultras » (wahhabites) qui sont le bras armé de ces guerres, en particulier en Syrie, et qui sont les auteurs de crimes de guerre, contre les chrétiens d'Orient mais aussi contre d'autres musulmans.

En résumé, l'islam en Occident est un problème à régler, au même titre que l'immigration avec qui il est lié, mais il ne doit pas être réglé par ceux-là même qui manipulent l'islam à leur profit, la « laïcité » ne réglera pas ce problème non plus. Seul la restauration du christianisme et un gouvernement s'en réclamant le réglera. Cela passera sans aucun doute par des méthodes autoritaires envers les musulmans les plus radicaux, par un dialogue à la fois respectueux et ferme avec la communauté musulmane de France, mais aussi avec les pays d'où ces musulmans sont originaires pour une éventuelle remigration. Cela passera aussi par des conversions de musulmans, mais que seule une Église revigorée et à nouveau crédible pourra réaliser.

Il serait aussi opportun de changer la politique de la France vis-à-vis des pays pauvres du Sud pour favoriser un coup d'arrêt à la politique impérialiste que mène l'Occident contre les pays d'Afrique ou du Moyen-Orient, qui favorisent le chaos et la fuite des forces vives de ces pays, la mise hors-la-loi des ONG immigrationistes financées par Soros, chose que les politiciens anti islam actuels comme Éric Zemmour ne proposent pas. Cela ne fait de moi, ni de Gearóid Ó Colmáin, l'auteur de l'article qui va suivre, des « gauchistes » ou des « soraliens. » Nous sommes tous deux catholiques et n'avons qu'un seul désir : remettre le Christ au centre de nos sociétés. Il est irlandais et moi française. C'est donc une proposition européenne que nous proposons modestement ici. Une coopération entre nations européennes face à "l'islamisation" serait d'ailleurs, judicieuse.

Comment le Christ se serait comporté avec les musulmans ? C'est la question qu'il faut se poser. Trouver la réponse, c'est commencer à régler le problème. L'aide la Sainte-Vierge sera aussi précieuse. Elle a d'ailleurs adressé des signes en ce sens.

Ceux qui vont lire cet article jusqu'au bout vont aussi comprendre que des menaces bien plus insidieuses que l'islam, qui lui est une menace très visible, mettent la civilisation chrétienne en péril.

Moira Forest


L'affront de la crèche

En Occident, la laïcité a échoué. Alors que des politiciens d'extrême droite hostiles à l'islam émergent partout en Europe, je soutiens que Noël présente une occasion unique de promouvoir la compréhension entre l'islam et le christianisme.

Presque chaque année en France, il y a une controverse concernant l'installation de crèches de Noël dans les espaces publics. La doctrine de la République laïque est claire : l'État doit rester résolument neutre vis-à-vis de la religion qui est une affaire privée. Par conséquent, on doit décourager toute démonstration publique de la religion.

Au fil des années, plusieurs maires de villes françaises ont alimenté la controverse en installant des crèches de Noël dans les mairies. L'exemple le plus connu et celui de Robert Ménard, un ancien journaliste de l'organisation Reporters sans frontières, financée par la CIA. Ménard n'est pas connu pour sa piété chrétienne. Son succès particulier vient plutôt de son désir infatigable de montrer aux musulmans que la France demeure un pays essentiellement chrétien. Une bonne partie de l'opposition à Ménard et ses semblables viennent habituellement des partis de gauche tel que le Parti Communiste ou les trotskystes de la France Insoumise. Ces gens font généralement l'argument suivant : les exhibitions publiques de crèches ne sont pas seulement une violation de la laïcité, mais sont une provocation délibérée de l'extrême droite envers les musulmans.

Cependant, les polémistes pro-crèche comme les laïcistes anti-crèches se trompent. Premièrement, j'ai rarement rencontré des musulmans n'aimant pas Noël. De nombreux chrétiens ne sont pas conscients du fait que la Sainte Famille est aussi dans le Coran. En fait, les musulmans ont même une certaine dévotion envers la Sainte Mère, dont le prophète Mahomet disait qu'elle était au dessus de sa propre fille Fatima. Lorsque Notre Dame est apparue à Fatima au Portugal en 1917, elle avait sans doute un message pour le monde musulman. Toutes les descriptions de la fille de Mahomet indiquent qu'elle était un parangon de vertu. Il est possible que la Sainte Mère voulaient que les musulmans voient le lien entre Fatima et elle-même.

Dans un courrier adressé au pape François pour ce Noël, le président iranien Raeisi s'est référé à l'importance de « Hazrat Maryam, » la Sainte Mère commune aux religions islamique et chrétienne.

Chaque année pour Noël, le Guide suprême d'Iran rend visite à des foyers de familles de martyrs chrétiens des guerres patriotiques d'Iran. Rien de tout cela n'est signalé dans la presse occidentale.

En Iran, les imams parlent souvent du retour imminent de Jésus. Il y a une croyance dans la tradition chrétienne que les trois rois mages étaient perses. La Perse proclame-t-elle encore le retour de Notre Seigneur ?

A Éphèse en Turquie, il y a une maison qui est considérée, par les chrétiens et les musulmans, comme ayant été la dernière résidence de Marie sur terre. De nombreux musulmans s'y rendent pour prier. Il faut mentionner le fait que, lorsque Marie est apparue à Fatima, de nombreuses femmes portugaises portaient le voile et se couvraient les cheveux en public. Comme dans l'islam, le fait que les femmes se couvraient la tête dans les pays chrétiens étaient considéré comme un signe de modestie et d'humilité.

Bien que les femmes catholiques ne portent plus de voile en public, sinon dans les messes traditionnelles en latin, la question de la décence vestimentaire n'est que rarement soulevé en Occident. Si, comme le dit Shakespeare, le vêtement devient souvent l'homme*, qu'est-ce que les vêtements peuvent dire sur nous ?

Apparaissant à une époque où le mouvement des Suffragettes prenait son envol, Notre Dame de Fatima a dit que « certaines habitudes seront introduites qui offenseront beaucoup Notre Seigneur. » A cette époque, des féministes bourgeoises riches ont commencé à porter des pantalons pour protester contre l'ordre « patriarcal. » Voici ce que dit Dieu dans le Deutéronome 22:5 : « Une femme ne portera pas un habit d'homme, et un homme ne mettra point un vêtement de femme ; car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahweh, ton Dieu. »

En Occident, les connaissances sur le mouvement anti-suffragette sont rares. Les femmes de ce mouvement étaient souvent très actives dans des programmes d'aide aux pauvres et l'action caritative. Londsdale a fait des écrits sur les lois anglaises sur les pauvres et Ethel Harrison se sentait proche de l'Association des travailleurs (Workingmen's Association). Ces femmes considéraient la famille comme l'unité sociale naturelle. Selon elles, la « libération des femmes » étaient une ruse pour briser la famille et dégrader les femmes.

Ethel Harrison n'était pas conservatrice. En fait, elle était d'extrême gauche et soutenait la Commune de Paris de 1870.

Sauvagerie positiviste

Harrison était influencée par les idées du philosophe positiviste Auguste Comte. Bien que la sociologie matérialiste de Comte était, sous de nombreux aspects, précurseur de la pensée technocratique moderne, il croyait néanmoins que la société éclaterait dans la barbarie sans religion. Par conséquent, Comte a cherché à remplacer le christianisme avec sa religion ridicule « de l'humanité. » Mis à part des temples en France et au Brésil, les idées religieuses de Comte n'ont jamais eu beaucoup de faveur officielle. Mais il y a une notion importante dans laquelle ses idées ont triomphé, même si elles demeurent officiellement non reconnues. Comte semblait se rendre compte du paradoxe essentiel de la laïcité : on devient laïc en relation avec le religieux, qui est lui-même un moment dans le développement de la religion. Dans la religion imaginaire de Comte, le philosophe voulait que l'image de la femme qu'il aimait remplace la Vierge Marie. Son portrait aurait été suspendu dans chaque temple de l'humanité. Comte était tombé amoureux d'une femme mariée qui l'avait rejeté.

Comte croyait que l'histoire pouvait être divisée en trois périodes : l'époque théologique où les évènements naturels étaient expliqués en recourant à la fiction et au surnaturel : la période métaphysique dans laquelle la religion et la science ont coexisté, et la période positiviste dans laquelle tout phénomène peut être expliqué par la méthode scientifique de l'observation et de l'expérimentation. En en certain sens, le monde technocratique contemporain est profondément influencé par Comte, sauf que nous sommes revenus, non pas à une véritable théologie, mais plutôt à la caricature de la théologie dans la pensée de Comte.

Ce qui gouverne nos sociétés n'est pas la méthode scientifique mais plutôt une sorte de dogme post-moderne qui explique que dans une société sans signification, tout ce que disent les scientifiques en position de pouvoir doit être perçu comme infaillible.

Dans une telle société, la métaphysique n'est plus nécessaire. Les êtres humains peuvent être considérés comme des choses, sujets aux lois de la structure. Au même titre que les catholiques simples d'esprit du passé à qui on n'exigeait pas de suivre la messe en latin et de comprendre les mystères abstraits de la foi, mais de suivre une série de règles pour son salut, la même chose se produit dans notre monde positiviste contemporain.

La seule différence étant, bien sûr que, alors que les anciennes croyances étaient vraies, les plus récentes sont manifestement fausses. L'ancien ministre de l'éducation, Vincent Peillon, a expliqué que la laïcité, c'est la religion de la République et les francs-maçons en sont le clergé ! Il semble avoir vu ce que Comte a vu, à savoir que la laïcité devrait revenir à une fiction théologique pour se perpétuer.

Mais la franc-maçonnerie est un pauvre substitut du christianisme. Il exclut une grande partie du public, les pauvres en particulier ; ses rituels secrets sont grotesques et ses temples sont laids. C'est un reflet parfait de la mafia organisée qui se nomme lui-même l'état moderne.

Mais au moins Comte comprenait l'importance d'un archétype féminin chaste et beau comme base de toute religion.

Une religion inoffensive

On imaginerait que, dans une société scientifique avancée, des références aux lutins, aux sorcières et d'autres figures du folklore et de la superstition serait rarement vu. Mais c'est l'opposé qui est vrai en fait. Les élèves des écoles laïques françaises voient des sorcières tous les jours. Par exemple, l'un des principaux manuels de l'école primaire, c'est Mona et ses amis. Il y a des sorcières à toutes les pages, ainsi que des poèmes sur la sorcellerie et la magie. Plusieurs manuels ont des sorcières ou des dragons « gentils » qui accompagnent les élèves dans leur lecture.

La féministe Mona Chollet soutient que la sorcière est un symbole des femmes émancipées modernes. Elle tente de démontrer que les sorcières dans le passé étaient simplement des femmes de sagesse indépendantes qui résistaient au « patriarcat. » Elle ignore complètement des siècles de documentation étendue prouvant que de nombreuses sorcières qui ont été brûlées sur le bûcher, étaient coupables de crimes abominables tel que l'infanticide rituel et le cannibalisme.

On ne soulève jamais la question de la laïcité en France lorsque les sorcières sont de plus en plus exposées dans les magasins pendant Halloween. C'est assez étrange étant donné le fait que la Wicca est officiellement reconnu comme la religion se développant le plus rapidement dans le monde.

Dans le numéro de ce mois-ci du magazine Têtu, Bilal Hassani, un chanteur transexuel, apparaît sur la couverture déguisé en Vierge Marie. L'image a été conçue pour offenser les catholiques. C'est la norme dans la France de Macron : on ne permet pas au public de dire du mal de ceux qui ont un pouvoir financier, c'est à dire les faux dieux, mais il est parfaitement louable de blasphémer contre Dieu.

Le magazine en question voulait que la souillure soit mise dans le métro parisien mais les autorités ont jugé correctement que cela violait les principes de la laïcité. L'aspect positif de tout cela, c'est que la laïcité a prouvé que l'Église catholique a vu juste : la société laïque n'existe pas. L'occultisme est la religion de cet âge de ténèbres.

Lors de l'apparition à Fatima, Notre Dame a révélé trois secrets à trois petits enfants. Le troisième secret n'a jamais été révélé entièrement mais il est quasiment certains que cela concernait l'apostasie de la hiérarchie catholique.

De nombreux leaders du Moyen-Orient dont les pays ont été envahis par des takfiris soutenus par l'Occident, ont été dénigrés comme terroristes ; mais au Moyen-Orient, c'est le Hezbollah, l'armée syrienne et l'Iran qui ont protégé les chrétiens. S'il arriverait que les terroristes s'emparent de nos villes, nos leaders occultistes les dirigeraient certainement vers les églises et les mosquées.

Fatima signifie « chaste » en arabe, mais aussi « celle qui brille. » Au Portugal, le lieu de la plus grande apparition mariale de l'histoire a été nommé d'après une jeune musulmane qui s'était mariée avec un prince catholique local après le départ des dirigeants musulmans de la Péninsule Ibérique. Les occultistes qui gouvernent ce monde font tout ce qui est en leur pouvoir pour monter les musulmans et les chrétiens les uns contre les autres.

Finalement, la raison pour laquelle la Crèche offense les laïcistes, c'est qu'elle représente spiritum paupertatis, l'esprit de pauvreté. Les dirigeants vaniteux de ce monde ne peuvent supporter de contempler l'humilité absolue de leur Créateur. Ils tentent de se détourner de ce fait en affirmant faussement se méfier des musulmans, insultant leur religion en faisant croire au public que la Sainte Famille ne signifie rien pour eux. Dans la Sourate 3, verset 42 du Coran, il y est dit : « Ô Maryam (Marie), certes Allah t'a élue et purifiée; et Il t'a élue au-dessus des femmes des mondes. »

Noël devrait être un temps pour que les musulmans et les chrétiens s'unissent afin de célébrer la Nativité. Nous n'avons sans doute pas la même compréhension de sa signification, mais les civilisations chrétiennes et islamiques ont une profonde appréciation de l'ordre, de l'harmonie et de la beauté. Et quoi de plus beau que l'idée d'une femme parfaite donnant naissance à la lumière du monde ?

Gearóid Ó Colmáin

* Certainement un équivalent de « l'habit ne fait pas le moine »

Source : https://www.gearoidocolmain.org/the-offense-of-the-crib/



jeudi 24 octobre 2019

Pourquoi cette statue féminine indigène n'est pas catholique

Par Dwight Longenecker


Dwight Longenecker est un prêtre catholique américain



J'ai commenté ici la semaine dernière l'étrange cérémonie de la terre-mère amazonienne avec laquelle ils ont donné le coup d'envoi du synode de l'Amazonie. 

Cela m'a fait penser que le terme "Amazone" est tout à fait approprié pour le nom de ce synode, et pas à cause du fleuve. Les Amazones, si vous vous souvenez bien de la mythologie grecque, c'était les effrayantes guerrières femmes - les filles d'Arès, le dieu de la guerre et d'Harmonie - une nymphe des bois. La prédominance de la vénération de l'arbre, la révérence envers la forêt d'Amazonie et la prédominance du "ministère féminin", tout fait écho aux mystères grecs d'une époque ancestrale.

Nous avons un souvenir assez mièvre du paganisme greco-romain. Je suppose que cela est du au fait que nous avons tous lus la mythologie dans ce livre d'Edith Hamilton (1) (qui est disponible sur Amazon - ou sinon ?). En fait, alors que les mythes grecs et romains ont tout l'aspect du bas-bleuisme dans l'anthologie de Mademoiselle Hamilton, la réalité de la religion païenne n'avait rien de terne ni de chichiteux. Les temples étaient les centres de sacrifices sanglants et d'orgies effrénées. Imaginez une grotte obscure ou des temples enfumés où des sorcières infestées par le démon étaient assises, murmurant au dessus de leurs feux alors que battaient des tambours. Les bêlements et les meuglements des animaux se mêlaient aux chants répétitifs des prêtres qui retiraient les intestins hors des taureaux et les étudiaient pour pronostiquer l'avenir. Le cas échéant, après avoir payé le chaman pour jeter un sort sur votre ennemi, vous deviez vous rendre sous l'autel et rester caché dans une niche pendant que le prêtre massacrait un taureau au dessus de vous et vous pouviez être baptisé dans le sang du taureau. 

Nous aimerions tant un paganisme aseptisé, mais le prêche de Saint-François aux petits oiseaux et sa caresse sur la tête du loup de Gubbio sont très éloignés des réalités du culte païen. Prenons par exemple les religions nordiques avec leurs forêts et arbres sacrés par exemple. Les vikings n'allaient pas dans les bois sacrés pour vénérer Yggdrasil comme ceux qui câlinent les arbres de nos jours et qui vont dans la forêt pour communier avec le pin solitaire. Ils allaient dans les bois sacrés pour faire des sacrifices humains aux dieux de la terre, des arbres et de la forêt effrayante. 

Cela me ramène à cette statue d'une femme enceinte qu'ils avaient à la cérémonie où l'on plantait un arbre et où ils défilaient autour du Vatican.

Il y a eu pas mal d'agitation en ligne à propos de la statue. L'écrit de Julia Meloni ici nous explique que la statue est celle de Pachamama - la Terre Mère.

D'un autre côté, Pedro Gabriel défend la statue. Il s'en explique ici et ici que c'est simplement une représentation indigène de la Vierge Marie Bénie. JD Flynn a une autre analyse de l'image dans un contexte plus large comme faisant partie du synode de l'Amazonie. Voir ici.

C'est un débat intéressant. Je tend à croire ceux qui pensent que c'est païen. Pas parce que la statue vient de l'Amazonie ni parce qu'elle vient d'une culture indigène, ni parce que la femme est nue. 

Ce n'est pas catholique pour deux raisons. La première c'est parce que ce n'est pas la façon dont les catholiques utilisent les statues. 

Arrêtons un moment et révisons les croyances catholiques au sujet de l'iconographie. Autrement dit, que croyons nous au sujet des images et des vénérations d'images dans le culte ? 

Il y a très peu de représentations venant des premiers siècles de l'église chrétienne et pourquoi donc ? Parce que les premiers chrétiens étaient des Juifs et les dix commandements interdisaient clairement la fabrication de toute représentation gravée. En outre, les premiers chrétiens étaient entourés par le paganisme et du culte des idoles. Finalement, deux représentations dimensionnelles commencèrent à être autorisées, et ainsi, des représentations en bas-relief ont été permises et finalement - comparativement tard dans le Moyen-Âge, des statues complètes commencèrent à être acceptables.

Toutefois, la controverse sur l'iconoclasme a déchiré l'église au VIIIe et IXe siècle.

Cette controverse a aidé à clarifier ce que les chrétiens croient au sujet des images. L'explication est celle-ci : Jésus-Christ est l'image (icône) de Dieu invisible (Colossiens 1:15). Parce que nous sommes faits à l'image de Dieu et nous sommes nés à nouveau dans l'image du Christ, chacun d'entre nous qui sommes baptisés et sommes destinés à devenir des uniques images du Christ qui est l'image de Dieu. Avant l'incarnation, il n y avait pas d'image visible de Dieu. Par conséquent, toutes les images étaient interdites. Après l'incarnation, nous voyons le Christ comme l'image de Dieu. Ainsi, les images de Jésus-Christ sont permises parce qu'elles sont des images de l'Image. Parce que la Mère Bénie et tous les baptisés sont destinés à être des images de l'Image, on peut aussi permettre de produire des images de la Mère Bénie et des saints. 

Maintenant, il y a une grosse différence entre les représentations catholiques et la statue qui est promenée autour du Vatican.

C'est vraiment très simple.

Une représentation catholique authentique est une représentation d'une vraie personne, qui, par la grâce de Dieu, a été remodelée à la ressemblance au Christ.  Le saint est devenue une représentation du Dieu invisible.

Une représentation païenne n'est pas une vraie personne. Une représentation païenne est une idole. C'est même une représentation d'un démon ou un symbole d'une sorte d'esprit ou demi-dieu (ce qui est un joli nom pour un démon).

Même si la statue féminine amazonienne n'est rien d'autre qu'un symbole, nous ne vénérons pas les symboles. Nous avons des symboles dans l'église. Le chrisme est un symbole. Le triangle dans trois cercles est un symbole. L'Agneau de Dieu est un symbole, mais nous vénérons pas les symboles. Nous les promenons pas en procession. Nous n'allumons pas de cierges devant les symboles. Nous ne mettons pas de symboles au milieu de cercles de prière et nous ne inclinons pas devant eux.

Par conséquent, nous devrions regarder encore cette représentation. Est-ce une icône symbolique ou la représentation d'une vraie femme indigène ?

Pedro Gabriel, dans sa défense, affirme que la femme dirigeant la cérémonie de l'arbre planté, appelle la représentation "Notre Dame de l'Amazone." Donc, la statue est une représentation de la Vierge Marie Bénie ou une femme indigène d'Amazonie ? Ce serait bien. La Vierge Marie a été représentée dans diverses appartenances ethniques et costumes locaux. 

Mais est-ce vraiment ce qu'est cette représentation ? John Flynn démontre ce que les autorités du Vatican conteste. 

Le frère Giacomo Costa, un porte-parole du synode, dit que la représentation n'est pas la Vierge Marie, mais celle d'une figure féminine représentant la vie. Paolo ruffini, un officiel de la communication du Vatican a dit que dans son opinion personnelle, la représentation semble être celle d'un arbre, qui est, a-t-il dit, une sorte de "symbole sacré."

L'évêque péruvien, David Martinez De Aguirre Guinea était un peu plus méfiant.

Nous avons nos propres interprétations : la Vierge Marie, la Terre-Mère... Il est probable que ceux qui utilisaient ces symboles souhaitent se référer à la fertilité, aux femmes, à la vie, la vie présente parmi les Amazoniens et l'Amazonie est censée être pleine de vie. Je ne crois pas que nous ayons besoin de créer des connections avec la Vierge Marie ou avec un élément païen. "Cependant, la mission chrétienne n'est pas seulement d'inculturer l'Évangile, mais aussi de corriger ce qui est dans l'erreur dans la religion indigène.

Est-ce que la représentation est simplement celle du la Mère Bénie dépeinte en femme indigène ? Est-ce Notre Dame de l'Amazone ? Gabriel démontre qu'il y a en fait, déjà une telle représentation. Voici à quoi elle ressemble :









Cependant, on peut aussi trouver beaucoup d'images de Pachamama - la déesse mère péruvienne - en ligne. Il y en a différentes versions mais voici en une : 






Posez-vous la question. Laquelle de ces deux représentations la statue du Vatican ressemble le plus ? Absorber Marie dans la Mère Déesse ? Non. 

Ce n'est pas catholique.

Comme dans bien des conflits dans l'Église... Devinez quoi ? Nous avons déjà vu cela.

Les apôtres eux-mêmes se sont confrontés à la Grande Déesse Mère. Dans leur culture, aucune n'était aussi grande que Diane des Éphésiens.

Voilà à quoi elle ressemblait.





Considérons St Paul s'inclinant devant elle et disant : "C'est cool. Plantons un arbre et inculturons l'Évangile. Nous l'appellerons tout simplement Notre Dame d'Éphèse !"

Je ne pense pas. Vérifiez dans Actes 19.

" Il survint en ce temps-là un grand tumulte au sujet de la voie du Seigneur. Un orfèvre, nommé Démétrius, fabriquait un argent de petits temples de Diane, et procurait à ses ouvriers un gain considérable. Les ayant rassemblés, avec ceux du même métier, il leur dit : " Mes amis, vous savez que notre bien-être dépend de cette industrie ; et vous voyez et entendez dire que, non seulement à Éphèse, mais encore dans presque toute l'Asie, ce Paul a persuadé et détourné une foule de gens, en disant que les dieux faits de main d'homme ne sont pas des dieux.  Il est donc à craindre, non seulement que notre industrie ne tombe dans le discrédit, mais encore que le temple de la grande déesse Diane ne soit tenu pour rien, et même que la majesté de celle qui révèrent l'Asie et le monde entier ne soit réduite à néant." A ces mots, transportés de colère, ils se mirent à crier : "Grande est la Diane des Éphésiens !" Acte XIX - 23/29

Le fait est que Pachamama n'est pas catholique parce que Pachamama est une fausse idole, un substitut païen pour la Vierge Bénie.

Et s'ils se débarrassent de la Vierge Bénie et mettent à sa place la Terre Mère, alors je considère que le spectacle tout entier est suspect.

Au mieux, c'est un exercice de relations publiques factice qui sera bientôt oublié.

Au pire, c'est la promotion d'un faux évangile.


Article d'originehttps://dwightlongenecker.com/why-that-naked-native-lady-statue-in-the-vatican-aint-catholic/?fbclid=IwAR3Fo5DblxIh006hoMNAc-Z0s4CDorsEm5yQNazMu1mNagegEmlfcMJijMk

Cet article a été traduit le jour où les statuettes païennes de femmes enceintes ont été dérobées au Vatican et jetées dans le Tibre. Cette action audacieuse est à applaudir mais l'article est toujours d'actualité. On essaiera d'imposer ce néo-paganisme tant que le Vatican n'aura pas été drainé des ennemis de l'Église en son sein.


(1) Edith Hamilton (1867-1963) était une helléniste américaine


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