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lundi 9 août 2021

De Giono à l'Agenda vert

Constat désabusé sur la sanctuarisation de la campagne de Haute Provence par trois courts textes écrits en 2014, 2018 et 2020

Autrefois plus peuplé qu'aujourd'hui, le département des Alpes-de-Haute-Provence était occupée par les hommes un peu partout sauf dans les hautes montagnes. Désormais, on estime que les hommes n'ont rien à y faire et je crains qu'on essaye de les entasser dans quelques endroits et d'ériger des interdits qui rendent tout vie impossible ailleurs.

Et quelques années avant la tyrannie Covid, j'avais déjà fait le constat de la fin programmée de la famille et de la convivialité. 


 Le lac de Ste Croix, né de la construction du barrage du même nom sur le Verdon, était comme dit ma fille, "blindé de monde" en été. Un lieu touristique fréquenté surtout par des familles et des jeunes, beaucoup d'Européens. Ayant vécu près de ses rives entre 2002 et 2009, j'ai constaté pendant cette période, une baisse drastique de sa fréquentation jusqu'à ce que, l'an dernier, j'ai eu la surprise de voir que l'une des rives où j'aimais me baigner étaient, en plein mois de juillet, quasiment vide de monde. Il faut dire que la municipalité des Salles sur Verdon avait eu l'idée de fermer complètement le chemin desservant ce lieu à la circulation empêchant les familles et les bandes d'amis de s'installer un peu partout le long de ce chemin. Fini donc les adultes discutant autour d'une table de camping ou jouant aux boules pendant que les enfants pataugent dans l'eau.

A la place, j'ai vu passer plusieurs "duos" d'hommes jeunes dont l'allure ne laissait aucun doute quant à la nature de leurs relations ! Jusqu'aux années 2000, ils avaient pu se réserver un petit périmètre mais en l'absence des familles et des bandes de jeunes, le périmètre s'est largement étendu ! Pour sa part, les rives proches du lac de Ste Croix restaient épargnées jusque là mais, en balade en moto dans le coin, mon compagnon a surpris involontairement un couple de lesbiennes faisant du "broute minou"....

Evidemment, les quelques plages aménagées avec locations de pédalo et campings gardent leur aspect touristique et familial mais il semble que le reste des jolies rives du lac de Ste Croix soient devenus un lieu de prédilection particulier... Les causes en sont la bêtise des acteurs du tourisme local, accueil peu amène et prix délirants, j'ai vécu dans le coin et peux vous dire que la mentalité générale est déplorable sauf exceptions. Globalement, le pouvoir d'achat est en baisse en France mais aussi en Europe, les Allemands, Hollandais, Belges.... ont laissé la place aux Chinois qui adorent photographier les champs de lavande au dessus du lac... et quand on aura torché le "marché des Chinois" il ne restera plus qu'à se tourner vers la planète Mars.

Sinon, l'autre raison est plus inquiétante : m'étant baladé récemment dans l'Hérault, le Tarn et le Puy-de-Dôme, j'ai constaté qu'on voit de plus en plus d'hommes jeunes, la trentaine, deux par deux et je ne sais pas si vous avez remarqué mais on ne voit quasiment plus de couples hétérosexuels s'embrassant ou se tenant par la main et Brassens ne pourrait plus écrire sa fameuse chanson sur les bancs publics...

Alors deux scénarios se profilent : soit la civilisation européenne s'effondre avec sa démographie, la société fait la promotion de toutes les turpitudes possibles (on ne va plus oser laisser sortir les enfants seuls même à l'âge du collège n'est-ce pas Madame Schiappa...) ou alors une révolution, un changement géopolitique majeur se produit et la France redevient traditionnelle et catholique.

Et on verra tous ces libertaires branchés, hype et "subversifs" venir à genoux dans les confessionnaux raconter à quel point ils ont péché et réciteront le rosaire.

En attendant, Lamartine peinerait à écrire son "Lac" au romantisme échevelé (et hétéro) et nous nous noyons dans les eaux glacées de notre société thanatophile...

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?
Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.
Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.
Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :
" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.
" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.
" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?
Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !
Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?
Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !
Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.
Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.
Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Moira Forest 8 août 2018




" Redortiers-le Contadour est une toute petite commune près de la montagne de Lure (environ de Banon-Forcalquier dans le 04).
Que des étendues de bois et de champs de lavande fine avec une vue qui s'étend très loin. Et éparpillées dans cette nature, des anciennes bergeries de pierre... Giono affectionnait cet endroit et je le comprend

Moira Forest, 8 août 2014

Tout cet espace a été fermé depuis cette année soi disant parce que des dégradations étaient faites par les randonneurs.
En fait, j'ai fait deux fois la promenade, en 2014 et en 2018. La première fois, je n'ai croisé personne, la deuxième, j'ai juste salué un petit groupe de randonneurs qui se reposaient tranquillement sous un arbre, et tout était propre. Ce sont des centaines d'hectares de prairies à moutons et de bois qui sont désormais interdits aux humains. Je me demande s'il ne s'agit pas de l'avancée de l'Agenda Vert où des terres autrefois habitées vont être rendues à la nature brute et les humains, considérés comme des virus à éradiquer, condamnés à se contenter de parcs de loisirs


mercredi 15 avril 2020

L'élimination des vieux et de la campagne pour tuer la loi naturelle

" Abandonnez les villes, et demeurez dans les rochers, Habitants de Moab! Soyez comme les colombes, Qui font leur nid sur le flanc des cavernes !"  Jérémie 48:28


Ruines en Haute-Provence. Source : dignois.fr


Une cabale de journalistes travaillant pour un grand média subventionné par l'État et un média "subversif" nous a annoncé que s'était tenue une messe clandestine à l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris. Cet édifice est célèbre depuis les années 70 pour être le "fief" du mouvement catholique traditionaliste, la FSSPX, fondé par Mgr Marcel Lefébvre.

Rappelons que Mgr Lefèbvre et le courant catholique qu'il a organisé contre Vatican II a été, en son temps, la cible de médias "subversifs".


Officiellement, des riverains de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet auraient été gênés par le bruit occasionné par la messe "clandestine". Il s'agissait de la veillée pascale, moment de recueillement qui se fait traditionnellement dans le rite catholique depuis des siècles mais il semblerait que le bruit d'orgue occasionné par la veillée soit soudainement devenu, en tant de coronavirus et de confinement, un problème, une gêne, du tapage nocturne. 

Des veillées pascales ont été organisées dans d'autres paroisses. La particularité de la veillée pascale et de toute autre cérémonie catholique, depuis le 17 mars dernier, c'est qu'elle doit se dérouler à huis-clos et sans public. Certaines cérémonies - et c'était le cas de la cérémonie "clandestine" de la FSSPX à Paris - ont fait l'objet de retransmissions en direct via Youtube pour que les fidèles puissent y assister de chez eux. Telle est l'étrange situation que vit l'Église mais en l'occurrence ici, il n y a rien de clandestin ni d'illégal. Tout a été fait selon les desiderata tatillons du gouvernement. Il n y avait donc pas lieu de faire intervenir la police qui a pourtant procédé à la verbalisation du prêtre officiant, le père Pierpaolo Pietrucci. 

La lecture d'une seule interview donne une idée assez claire de ce prêtre d'origine italienne, il exprime la volonté de ne pas se compromettre avec la modernité et de rester dans la droite ligne de l'Eglise de toujours.

Mon esprit volontiers tordu me fait penser que Pietrucci n'a pas été ciblé par hasard. Sur Facebook, un monsieur qui pense bien, se moque de cette cérémonie et de ce catholicisme qui n'en finit pas de mourir et surtout de ces superstitieux qui ne respectent pas les règles mais lui est quelqu'un de bien puisqu'il n'aurait pas appelé la police, il serait allé lui-même dire aux prêtres de la FSSPX d'arrêter de faire du tapage !

On a affaire ici à ce que les jeunes appellent un "boomer", l'une de ces personnes âgées qui a bénéficié du plein emploi et de la révolution sexuelle, mais à l'heure où des personnes âgées sont littéralement liquidées dans les hôpitaux, ce pauvre monsieur d'un certain âge pourrait être bientôt sur la liste des improductifs, des bouches inutiles à nourrir. Et il a beau ironiser sur le catholicisme, avec Charlie Hebdo et Têtu, ce n'est pas le catholicisme qui euthanasie les personnes âgées avec l'aide de Big Pharma et du Nivotril.



Le génocide silencieux de nos anciens obéit à une logique cynique, qui est celle de se débarrasser de gens qui "coûtent à la société mais ne produisent rien"

« Dès qu’il dépasse 60-65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. Je suis pour ma part en tant que socialiste, contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures. Dans une logique socialiste de liberté, la liberté fondamentale est le suicide. Le droit au suicide, direct ou indirect, est donc une valeur absolue dans ce type de société. Des machines à supprimer permettront d’éliminer la vie lorsque elle sera trop insupportable, ou économiquement trop coûteuse. Je considère donc que l’euthanasie sera une des règles de la société future. »

Jacques Attali - L’avenir de la vie, recueil d’entretiens sur l’avenir des questions bioéthiques, éditions Seghers, 1981.

Il s'agit aussi de détruire des mémoires, la mémoire du passé. Quand un ancien meurt, c'est une mémoire qui disparaît. Ces personnes à qui on administre des médicaments à base d'opiacées qui précipitent leurs décès ont connu l'époque désormais connue sous le nom de Trente Glorieuses, voire même de la Deuxième Guerre Mondiale et de l'Avant Guerre. C'est à dire une période s'étalant sur près de quatre-vingt-ans, qui comprend d'abord deux décennies de grande difficultés économiques, de précarité, de guerre, de peur, d'angoisse et de lâcheté mais aussi de courage, d'espérance et d'héroïsme. La période de la Deuxième Guerre Mondiale finie, on a assisté ensuite à une époque de reconstruction puis de prospérité. Le plein emploi était une réalité. Des gens venus de milieux modestes pouvaient, avec force et persévérance, faire une bonne carrière. Il existait encore des familles nombreuses et les enfants, en grand majorité, bénéficiaient de la présence d'une mère à la maison et avaient la garantie qu'elle soit présente quand ils rentraient de l'école. Le salaire du mari suffisait à nourrir la famille. Dans le quartier de mon enfance, dans les années 1970, quartier qui était constitué d'une dizaine de maisons et autant de familles, une seule femme travaillait à l'extérieur.

Nos aînés peuvent aussi nous raconter qu'en France, on a beaucoup construit : des logements, des routes, des usines, etc, que beaucoup de gens sont allés s'installer en ville mais qu'en parallèle, demeurait encore une vraie campagne encore vivante, avec des écoles et des enfants jouant dans les rues, des commerces, des services et surtout de vrais paysans et de bons produits du terroir.

En résumé, toute cette génération de personnes âgés a connu une époque de changements mais où la loi naturelle avait encore une grande importance que l'on ait été de droite et même de gauche. Le marxisme culturel n'était pas encore très populaire. Grands-parents ou arrières-grands-parents de jeunes qu'on dit de la "génération Z" (nés dans les années 2000), les gens âgés pouvaient transmettre une mémoire mais nos dirigeants détestent la mémoire. On ne sait jamais : nos jeunes pourraient apprendre qu'il y a quelques décennies de cela, on pouvait réussir professionnellement, devenir ingénieur ou professeur d'université, simplement en travaillant, sans pour cela faire des "stages" ou des CDD à l'infini, tout en étant issu d'une famille modeste de la "France périphérique" !

Dans cette perspective, stipendier le catholicisme et au delà, toute tradition religieuse s'attachant à la loi naturelle est devenu le sport favori des élites, et au delà de leurs laquais se prétendant de gauche mais aussi de la droite néo-païenne.

Il s'agit de remplacer la loi naturelle par la loi artificielle

Effacer la mémoire par l'euthanasie fait partie de ce plan.

Rendre les campagnes invivables et les rendre dénuées d'âme est, à mon avis, une autre partie du plan. Les ruraux seront ainsi poussés à s'installer en ville pour être mieux contrôlés.

L'exode rural a commencé dans la deuxième moitié du XIXe siècle en Haute-Provence, les zones reculées de la région sont jonchées de ruines d'anciennes fermes voire de villages entiers comme à Saint-Symphorien près de Sisteron.

(source : Wikimedia Commons)


J'ai eu la surprise de constater qu'en Haute-Provence, certains chemins sont classés en routes départementales, ce qui veut dire qu'il n y a jamais eu la volonté de les rendre carrossables ce qui rend bien sûr l'accès difficile aux villages et hameaux riverains de ces chemins. L’abandon de l'ancien village de Châteauneuf-lès-Moustiers, non loin des gorges du Verdon, viendrait en partie du fait qu'aucun aménagement routier n'avait été fait à l'époque de la modernisation des chemins et de l'arrivée de l'automobile. 

La saignée de la Première Guerre Mondiale a généralisé l'exode rural un peu partout. Selon Pierre Hillard, il s'agissait déjà d'une guerre prenant son origine dans l'accès au pétrole. Comme pour les guerres d'aujourd'hui, la franc-maçonnerie et la finance mondialisée a eu un rôle clé. 






"L'incompétence" de l'état major français a engendré des milliers de morts en un temps éclair lors de batailles tristement célèbres tel que le Chemin des Dames Mais était-ce vraiment de l'incompétence ? N'a-t-on pas voulu mettre à mort toute une génération de jeunes paysans ?

Il est à noter que celui qui a rendu les conditions de vie des poilus moins pénibles est celui que les libéraux associent de façon péjorative à la vie à la campagne, la paysannerie et la loi naturelle, le Maréchal Pétain... Par un biais tordu, la campagne et la loi naturelle sont devenues "pétainistes", autrement dit "fascistes" !

Les monuments aux morts aux listes les plus impressionnantes de morts se trouvent dans les zones rurales les plus pauvres comme en Bretagne ou montagneuses comme en Auvergne ou les Alpes du Sud.  

Avec la survenue de la contreculture des années 1960/1970, des gens venues des villes sont venues s'installer à la campagne. Certains ont échoué pour avoir voulu instaurer des communautés très utopistes d'inspiration anarchiste, marxiste ou écologique où, à mon avis, l'abolition de la famille et la mise en place d'une promiscuité impudique ont abouti à un échec, comme dans la communauté de Jansiac, surnommée la « nef des fous » mais d'autres ont eu le mérite de restaurer des fermes ou des villages entiers comme à Eourres (Hautes-Alpes) et qui ont perduré jusqu'à nos jours.

Il y a cinquante ans de cela, ces mouvements étaient authentiquement contestataires et les néo-ruraux de cette époque ont choisi des zones rurales reculées comme autant de refuges loin du "monde" mais avec le temps, leurs idées se sont diffusées un peu partout et bon nombre de ces néo-ruraux ou leurs descendants, ont tiré leur épingle du jeu dans la vie associative rurale et en particulier dans les domaines culturels et environnementaux. Les thématiques des "nouvelles spiritualités", du LGBT et de l'antiracisme sont exprimées de façon de plus en plus intempestives dans les festivals de musique, de théâtre de rue ou au sein des médiathèques des petites villes en zone rurale. L'ironie, c'est que cette contreculture est aussi un projet de l'élite mondiale. 

Le thème de l'écologie est aussi récurrent parmi la communauté rurale et, à côté d'associations qui font un travail constructif contre toutes formes de pollution et d'enlaidissement des paysages, on y trouve aussi de plus en plus, la "deep ecology", cette branche de l'écologie la plus radicale qui souhaite que les campagnes deviennent des zones inhabitées et revenues à une sauvagerie préhistorique, avec en parallèle, une adulation païenne de la nature.

Et ça, ça plait beaucoup à l'élite !

Les acteurs étatiques ne sont pas en reste : récemment, un site où a été découvert les restes d'un reptile marin du Mésozoïque a fait l'objet de travaux financées par la collectivité pour la somme de 234.000 euros. La presse locale parle d'un « écrin ». La zone aux alentours, bien que peuplée depuis des temps immémoriaux est classée depuis quelques années en "Géoparc".

Par un mécanisme subtil qui utilise de façon cynique les grands prédateurs européens et les forces de l'argent, se déploie un mécanisme façon rouleau compresseur qui rend peu à peu la vie des humains à la campagne absolument impossible. 




Dans le Meilleur des mondes, les campagnes sont inhabitées. Les citadins n'y viennent que pour faire du sport et d'autres activités "ludiques" stupides. C'est ce qui se passe de plus en plus au XIXe siècle. 

Après la vague néo-rurale de gauche, j'ai l'intuition depuis quelques années, que ce sont des néo-ruraux "de droite" ou plutôt des partisans de la loi naturelle qui vont venir se réfugier à la campagne s'ils ne le font pas déjà. 

Ils veulent fonder des réseaux de familles avec un fort idéal catholique. Les plus intelligents savent que bon nombre d'idées développées par les néo-ruraux "gauchistes" sont à reprendre car pertinentes, comme le jardinage, l'élevage, la recherche de l'autonomie alimentaire, le partage de biens et de savoirs faire, l'échange de semences, l'école à la maison ainsi que les monnaies locales. Ils veulent y introduire une dimension catholique à ce type de projet. 

Mais pourront-ils réaliser cette nouvelle utopie quand on sait que l'élite veut que nos campagnes soient transformées en lieux sauvages et invivables, des Amazonie fraîches avec des loups et des ours par milliers ? Ou des étendues de champs avec des kolkhozes et des éoliennes ?

L'élite veut nous voir tous entassés dans les smart cities, avec comme "familles" des communautés qui rappellent étrangement les communautés hippies mais l'idéal hippie n'était autre que l'idéal du communisme mondial qui se profile à l'horizon. Etant tous en ville, on sera contrôlés par des réseaux numériques et des caméras. A la campagne, il est plus difficile de contrôler les gens et d'ailleurs, à l'heure où j'écris, des hélicoptère survolent les campagnes, les bords de mer et les montagnes à la recherche de récalcitrants qui veulent faire des balades, pratiquer la pêche ou l'escalade malgré les interdictions de notre gouvernement "néolibéral"... Comme une sorte d'avertissement.

En effet, les récalcitrants pourraient refuser l’ectogenèse, la cybersurveillance, le noachisme et le gouvernement mondial.

Face au totalitarisme qui se profile, les campagnes françaises et européennes seront-elles assez protectrices ? Pourront-elles être le refuge des "quelques uns" annoncés par l'Apocalypse ou ces quelques uns devront ils s'exiler plus loin dans des régions plus hostiles comme la Sibérie ou l'Himalaya ? 

Dit autrement, le gouvernement mondial pourra-t-il contrôler la terre entière ? Y aura-t-il des nations récalcitrantes ? 

Sera-t-il durable ? La loi naturelle pourra-t-elle de nouveau prévaloir après l'écroulement de cette utopie sataniste mondiale ?

S'écroulera-t-il de sa propre absurdité et y aura-t-il des survivants ?

C'est la question que devrait se poser les nouveaux néo-ruraux ou voulant le devenir mais aussi ceux qui y vivent déjà.

Après la fermeture des écoles* et des bureaux de poste, mais aussi les tribunaux des petites sous-préfectures rurales, on a commencé par négliger l'entretien des réseaux d'électricité et de téléphone puis ne pas les entretenir du tout. Comme entre-temps, les démarches administratives par internet étaient devenues incontournables, en particulier pour continuer à recevoir des allocations ou les droits à la Sécurité Sociale, certaines personnes déménagent. D'autres suivent car ils n'arrivent plus à payer l'entretien de leurs voitures ou s'en acheter une nouvelle et la vie à la campagne sans voiture est devenue impossible. Plus tard, ceux qui sont restés, les plus obstinés, choisissent de vivre en marge, sans électricité, sans téléphone et sans argent plutôt que d'accepter les vaccins et la surveillance généralisée. Ils s'arment au cas où les autorités les délogeraient par la force. Ils s'arment aussi pour protéger leurs troupeaux des grands prédateurs...

Moira Forest

* lors de la dernière décennie (2010-2019), ce ne sont pas moins de trois écoles qui ont été fermées dans le canton où je vis. 


vendredi 12 octobre 2018

Le monde moderne, un monde de superstitions ? (2ème partie)






Depuis les années 60, les départements ruraux et en particulier ceux du sud de la France sont une destination privilégiée pour les “originaux” et ceux qu’on appelait les “hippies” quand j’étais enfant. Le beau département de l’Aude par exemple, est un lieu de prédilection pour les fadas comme on dit chez moi, il faut dire qu’il y a là bas le fameux pic de Bugarach.
Chez moi, dans les Alpes-de-Haute-Provence, il n y a pas d’équivalent du pic de Bugarach bien qu’il y ait pas mal de montagnes mais nous avons aussi bien : le Mandarom.
Le Mandarom est le siège planétaire de l’aumisme, cette religion qui se veut la synthèse de toutes les religions existantes. Dans la propriété de la secte, des statues de taille impressionnante ont été érigées, représentant les fondateurs des grandes religions (Jésus, Mahomet, Bouddha...) mais aussi le créateur de la communauté du Mandarom, Gilbert Bourdin (photo d’illustration de l’article) alias le messie cosmoplanétaire car ce monsieur se prenait pour un dieu et sa statue était plus haute que celles des figures des plus grandes religions mondiales... Lucifer a du être un peu surmené quand il a accueilli cet hôte de choix après son décès dans les années 2000.
Une bataille juridique s’était engagée, elle opposait une association environnementaliste locale et le Mandarom. Imaginez si simplement, vous construisez un garage ou agrandissez votre maison sans autorisation, je ne vais rien vous apprendre si je vous dit que vous aurez des ennuis avec la justice mais dans ce cas-ci, il a fallu des années avant que la justice donne raison à cette association et que l’on fasse démolir la plus haute des statues, celle du messie cosmoplanétaire (mais pas les autres...)

Dans cette affaire, les autorités locales et notamment les élus ont été d’une étrange mansuétude envers cette communauté, qui semble sortie d’un film burlesque mais où aurait eu lieu des actes de pédophilie et d’atteinte sexuelle. Il se trouve que la franc-maçonnerie est très bien implantée dans le coin, ainsi que la Fédération de la Libre Pensée. D’ailleurs on peu voir des signes maçonniques au Mandarom. La lecture du blog de la Libre Pensée du 04 montre bien que l’obsession de ces gens-là, c’est le catholicisme et de temps en temps l’islam mais le Mandarom n’a pas droit à leurs diatribes...
Les Alpes-de-Haute-Provence ont été aussi pendant longtemps le lieu de résidence d’Alexandra David-Neel, la célèbre exploratrice du Tibet qui a été aussi une occultiste. Elle a fréquenté un cercle théosophique, a adhéré à la franc-maçonnerie et s’est passionnée pour le bouddhisme tibétain. Cela fait mélange indigeste mais il n’en est rien, il y a un vrai lien entre ces trois courants spirituels. De nos jours, à Digne-les-Bains où David-Neel vivait, il y a un musée qui lui est consacré aménagé dans son ancienne demeure. Il parait que le Dalaï-Lama himself s’y est rendu il y a quelques années rassemblant autour de lui tous les gens du coin (et peut être de plus loin) attirés par le bouddhisme tibétain et souvent arborant en autocollant sur leur voiture ou en pavillon dans leur jardin le drapeau “Free Tibet”. Ce pays est considéré comme un havre de sagesse persécuté par une Chine matérialiste, pourtant la réalité est bien moins angélique. De l’autre côté de la rue où se situe le musée David-Neel, un salon de thé d’inspiration hindou et ayurvédique s’est ouvert au début des années 2010. Et comme des sectes protestantes américaines sont également bien implantés dans le secteur, l’auteur de ces lignes, désormais proche du catholicisme traditionnel, se trouve dans un vrai maelström ésotérico-religieux... Et hormis les protestants, mes recherches me font désormais penser qu’il y a un lien entre ces courants : l’aumisme, la théosophie, le bouddhisme tibétain et la franc-maçonnerie. Le new age est bien sûr fort en vogue comme partout ailleurs. Le point commun entre tous ces courants ? L’occultisme. J’y vois aussi, c’est évident pour l’aumisme mais c’est aussi le cas pour la théosophie, de la construction de la “religion mondiale” qui serait voulu par les mondialistes...
Alexandra David-Neel
La théosophie est un courant occultiste crée au XIXe siècle et dont le but était un syncrétisme religieux entre plusieurs sagesses, avec comme figures marquantes des gens comme Helena Blavatsky et Annie Besant. Ces gens faisaient partie de la bourgeoisie et leurs idées étaient marquées par le libéralisme et ses avatars comme le féminisme et la “libre pensée”. Tous, sauf Blavatsky, était issu du protestantisme dans le contexte du puritanisme victorien. Besant et Blavatsky ont eu une vie maritale très houleuse...
Par la suite, avec l’arrivée de Jiddu Krishnamurti, un gourou indien très populaire dans le milieu de la contre-culture des années 60/70, un autre courant s’est crée, l’anthroposophie avec à sa tête Rudolf Steiner dont il sera question dans la troisième partie de cette série d’articles. Plus tard, Alice Bailey reprendra ce courant ésotérique qui donnera naissance quelques décennies plus tard au New Age. Je ne fais que résumer car les liens sont très nombreux sur internet mais disons que ce qui semble dominer dans tous ces courants, c’est l’idée d’un mélange de différentes traditions religieuses mais où dominent les sagesses orientales, le panthéisme et la magie. En consultant tout simplement les pages Wikipedia de ces personnalités, on constate un vrai lien entre eux et l’Anglaise Annie Besant qui à priori, est inconnue de la grande majorité des Français a droit à un article Wikipedia très fouillé... Je ne m’avance pas dans plus de détails car les sites, à charge ou à décharge, de ces courants et ces personnalités sont très nombreux sur internet.
Chance ou malchance, la Haute-Provence où je vis est un terrain idéal pour étudier les différents groupes ou communautés issus de la contre-culture et des “nouvelles spiritualités” pour en tirer des conclusions sur leur rôle, leurs buts et leurs soutiens au niveau national et mondial.
(à suivre...)
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